Notre histoire

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Le musée de la Visitation est un établissement privé géré par l’association Regard sur la Visitation, dont les buts sont de :

  • sauvegarder et promouvoir le patrimoine artistique et religieux des monastères de l’ordre de la Visitation,
  • créer et gérer un musée, à Moulins, consacré à l’ordre de la Visitation et à son patrimoine mobilier, en raison de l’importance historique de cet Institut.

Pour mener à bien ses objectifs, le musée s’appuie sur un comité scientifique regroupant des historiens, des chercheurs et des professionnels du monde des musées.

Quatre cents ans d’histoire

6 juin 1610 : Jeanne de Chantal, Charlotte de Bréchard, Jaqueline Favre et Jaqueline Coste (ancienne servante d’auberge) s’installent en clôture dans une petite maison des faubourgs d’Annecy, la maison de la Galerie. Le hasard et les contretemps ont voulu que la fondation prévue pour la Pentecôte ne se réalise que pour le dimanche de la Trinité, jour de la Saint-Claude cette année-là… Dès octobre, la communion quotidienne fut instaurée dans la petite communauté.

6 juin 1611 : après une année de noviciat sous la conduite de François de Sales, elles font profession le 6 juin 1611. Sont alors adoptés les chants et les armes de l’institut.

30 octobre 1611 : la communauté quitte la maison de la Galerie, devenue trop petite. À compter du 1er janvier 1612, les sœurs visitent les malades de la ville. Cette spécificité, mal accueillie au début du XVIIe siècle, en pleine contre-Réforme, est abandonnée en 1615.

18 septembre 1613 : Son Altesse Marguerite, duchesse de Savoie pose la première pierre du monastère qui sera terminé en 1614.

De 1615 à 1616, saint François de Sales rédige les Constitutions de l’ordre et tient compte des conseils de Mgr de Marquemont, cardinal archevêque de Lyon, pour faire de la Visitation un ordre cloîtré. Ces Constitutions seront approuvées par bulle papale d’Urbain VII le 27 juin 1625.

1615 : fondation du Second monastère de l’ordre à Lyon (transféré depuis à Venise, puis à Trévise). Dès lors, Jeanne de Chantal est appelée supérieure et fondatrice partout en France ; elle est élue supérieure douze fois dans pas moins de neuf communautés. Elle visite et entretient des relations épistolaires avec la plupart des monastères.

9 octobre 1618 : première édition des Règles et Constitutions.

16 octobre 1618 : Paul V accorde à la Visitation le statut d’ordre religieux sous la règle de saint Augustin.

28 décembre 1622 : mort de saint François de Sales, à Lyon.

1624 : les premières Mères commencent la rédaction du Coutumier qui sera imprimé à la fin de l’année.

1626-1627 : Jeanne de Chantal met en forme et rédige ses Réponses qui seront imprimées en 1628 avec ordre formel qu’elles ne sortent jamais des monastères.

16 juillet 1635 : la question d’une supérieure générale est soumise aux évêques de France. Réunis au parloir du Premier de Paris, ceux-ci se rangent derrière la volonté de saint François de Sales pour l’autonomie des monastères.

1635 : Première communauté de la Visitation en Suisse

13 décembre 1641 : mort de sainte Jeanne de Chantal. L’ordre compte déjà 87 monastères

1650 : Première communauté de la Visitation en Belgique

1653 : Première communauté de la Visitation en Allemagne

1654 : Première communauté de la Visitation en Pologne

1662 : Béatification puis canonisation (1665) de saint François de Sales. Ces dates seront l’occasion de cérémonies fastueuses en France.

1694 : Première communauté de la Visitation en Lituanie

1717 : Première communauté de la Visitation en Autriche

1744 : Première communauté de la Visitation au Liban

1749 : Première communauté de la Visitation en Espagne

1751 : Béatification puis canonisation (1767) de sainte Jeanne de Chantal.

1784 : Première communauté de la Visitation au Portugal

Août 1792 : l’ordre de la Visitation, comme tous les ordres, est interdit en France. Les 129 communautés françaises sont dispersées.

1804 : Première communauté de la Visitation en Grande-Bretagne

1805 : l’ordre est rétabli en France en 1805 par Napoléon Ier sur la demande de sa mère, Mme Laetitia ; 51 monastères sont rétablis et 14 nouvelles fondations sontenregistrées avant 1850.

1816 : Première communauté de la Visitation aux USA

1856 : Première communauté de la Visitation en Uruguay

1857 : Première communauté de la Visitation aux Pays-Bas

1864 : Béatification de Marguerite-Marie Alacoque

1876 : Première communauté de la Visitation en Argentine

1877 : Première communauté de la Visitation au Chili

1891 : Première communauté de la Visitation au Pérou

1892 : Première communauté de la Visitation en Colombie

1898 : Première communauté de la Visitation au Mexique

1902 : Première communauté de la Visitation au Brésil

1910 : Première communauté de la Visitation au Canada

1920 : Canonisation de Marguerite-Marie Alacoque

1925 : Première communauté de la Visitation à Panama

1928 : Première communauté de la Visitation en Hongrie

1949 : Première communauté de la Visitation en Equateur

1955 : Première communauté de la Visitation en Irlande

1960 : Première communauté de la Visitation en Tchéquie

1964 : Première communauté de la Visitation au Congo

1967 : Première communauté de la Visitation au Burundi

1968 : Première communauté de la Visitation en Croatie

1972 : Première communauté de la Visitation au Guatemala

1978 : Première communauté de la Visitation en Inde

1979 : Première communauté de la Visitation en Rep. Dominicaine

1981 : Première communauté de la Visitation au Paraguay

1985 : Première communauté de la Visitation au Rwanda

1987 : Première communauté de la Visitation à Porto Rico

1998 : Béatification de sept visitandines madrilènes, martyres

2000 : Première communauté de la Visitation aux Philippines

2001 : Première communauté de la Visitation en Corée du sud

2010 : 400e anniversaire de l’Ordre

Histoire de la Visitation à Moulins

Moulins, ancienne capitale du duché du Bourbonnais, a le privilège d’avoir accueilli deux monastères et trois communautés de la Visitation.

Le 25 août 1616, sur la demande de Mme des Gouffiers, la Mère Jeanne-Charlotte de Bréchard, professe d’à Annecy, fonda à Moulins le troisième monastère de l’ordre de la Visitation. Ce monastère eut la chance d’avoir comme bienfaitrice Marie-Félice Orsini, petite-nièce du pape Sixte Quint, filleule de la reine Marie de Médicis, qui, devenue veuve du connétable Henri II, duc de Montmorency, se retrouva en résidence surveillée à Moulins. Elle fut l’artisane d’un mécénat important pour la cité, dont la chapelle du monastère est l’exemple.

Amie de la Visitation de Moulins, Marie-Félice Orsini désira faire profession. C’est pour cette raison que sainte Jeanne de Chantal vint à sa rencontre en décembre 1641. Âgée et fatiguée de son voyage, la fondatrice de l’ordre rendit son âme à Dieu peu de temps après son arrivée à Moulins.

L’histoire du monastère aurait pu se poursuivre jusqu’à nos jours, mais la tourmente révolutionnaire vint disperser les religieuses et leur communauté en 1792. Après la Terreur, celle-ci se reforma à La Charité-sur-Loire, à Nevers, puis en Belgique, à Mons… Elle put revenir à Nevers en 1935, où elle existe toujours, et a même accueilli celle de Poitiers en 1982. Cela explique donc que la communauté du Premier monastère de Moulins soit aujourd’hui à Nevers.

Les bâtiments, d’abord utilisés comme caserne durant la Révolution, devinrent dès 1803 le premier lycée institué par Bonaparte. Vétustes, ils furent rasés au XIXe siècle pour laisser place à l’actuel lycée Théodore-de-Banville. La chapelle échappa miraculeusement aux pillages révolutionnaires et à la réorganisation du lycée, principalement grâce au trésor architectural que constitue le mausolée du duc de Montmorency, commandé par son épouse vers 1650, et que les amateurs d’art ont su protéger au cours des siècles.

Le chœur des sœurs, devenu chapelle latérale, a conservé son plafond peint à la même époque. Restauré en 2008, il peut désormais être admiré (Office de tourisme de Moulins).

L’histoire de la Visitation à Moulins ne devait pas s’arrêter là. En effet, dès sa nomination au siège épiscopal de Moulins en 1850, Mrg Pierre de Dreux-Brézé souhaita qu’un monastère de la Visitation vînt dans son diocèse. Il avait connu cet ordre à Paris, et c’est tout naturellement le monastère de la rue Denfert-Rochereau qu’il sollicita. La démarche prit du temps, mais en janvier 1876 la Mère Izabel de Chantal de Mendoça fonda le Second monastère de Moulins.

Cette communauté eut bien des difficultés à s’implanter et à accueillir de nouveaux fidèles en nombre. Il fallut ainsi attendre 1926 pour que fût élue supérieure une sœur ayant fait profession au monastère. En effet, passé les difficultés financières des premières années, la jeune communauté dut faire face successivement aux tourmentes des mesures anticléricales du début du siècle, puis à la Première Guerre mondiale.

Le XXe siècle s’écoula plus calmement qu’il n’avait commencé. Cependant, dès 1991, le manque de recrues amena les visitandines de Moulins à décider la fermeture du monastère et à demander l’extinction de leur communauté. Toutefois l’Église refusa cette extinction : le monastère en tant que personne juridique ecclésiastique continuerait d’exister du fait du symbole fort qui eut lieu dans la ville de Moulins, le décès de leur fondatrice. Cette certitude de pérennité décida la communauté de Mâcon, fondée en juillet 1632 par la Mère Françoise-Gertrude de Pinédon, à s’implanter à Moulins en 1995. Une troisième communauté vit désormais dans la cité bourbonnaise. Elle a accueilli depuis cette date des sœurs de plusieurs monastères ayant décidé de leur fermeture.

La communauté de Moulins, très proche de notre musée, compte désormais vingt-six religieuses qui ont fait profession dans dix monastères différents, marquant ainsi l’union des sœurs voulue par saint François de Sales.

Pour plus de détails, rendez-vous sur le site de la Visitation de Moulins

Histoire du musée

En 1990, le monastère de la Visitation de Moulins étant sur le point de disparaître. Gérard Picaud, ami de cette communauté, promit à Mère Françoise-Bernadette Lara, ancienne supérieure et archiviste du monastère d’Orléans, de conserver un souvenir de la présence de la Visitation dans cette ville. Il proposa et obtint que le Musée bourbonnais, géré par la Société d’émulation du Bourbonnais, accueillît une nouvelle salle consacrée à l’ordre de la Visitation à Moulins.

Avec l’aide d’une quinzaine de monastères, il rassembla 602 objets : souvenirs des saints fondateurs, ouvrages, objets d’art, objets de dévotion…
Le 11 décembre 1992, « Regard sur la Visitation », exposition permanente des œuvres de la Visitation, réparties dans trois nouvelles salles du Musée bourbonnais, ouvrit ses portes. Au fil du temps, l’accueil de nouveaux déposants et l’arrivée de dépôts toujours plus nombreux amenèrent à repenser la conservation et la présentation de ces collections.

En 2000, un projet d’extension de l’exposition permanente fut lancé. Il concernait l’adjonction de deux nouvelles salles destinées à permettre un redéploiement des collections et la présentation, dans des conditions de mise en valeur et de sécurité appropriées, d’un ensemble remarquable d’orfèvrerie.

Après un an de travaux, la salle forte fut ouverte au public.

En janvier 2005, la Société d’émulation du Bourbonnais a cessé de gérer son musée, et le site devint le musée de la Visitation et de la Vie bourbonnaise. En mai 2005, l’association Regard sur la Visitation recevait l’approbation du Saint-Siège via le Conseil pontifical pour les biens culturels de l’Église (lire la lettre de S.E. Mgr Mauro Piacenza sur le site du Vatican, cliquer ici ou rendez-vous dans la partie « Pratique/Liens et partenaires »).

Les douze salles du musée, dont quatre furent créées en 2006, présentent plus d’un millier d’objets du patrimoine de la Visitation.
En plus des salles retraçant l’histoire de cet ordre créé en 1610, mais aussi sa spiritualité et la personnalité des fondateurs (François de Sales et Jeanne de Chantal), le musée de Moulins accueille plusieurs salles thématiques :

  • La salle forte, qui présente l’évolution de l’orfèvrerie civile et religieuse du début du XVIIe à nos jours au travers de 200 pièces, dont beaucoup sont uniques en France.
  • La chambre des ornements qui, au travers de la reconstitution de la sacristie d’un monastère, présente des vêtements liturgiques d’exception, brodés ou taillés dans des soieries de grande qualité.
  • L’atelier de tissage est organisé autour d’un métier à tisser du XVIIIe siècle. Il expose la fabrication et l’entretien du linge, qui fut longtemps une source de revenus conséquente pour les monastères.
  • Le cabinet des ouvrages, rassemblant toute la créativité et l’invention des religieuses qui créent à partir de modestes matériaux : objets en paille, images habillées, reliquaires de papiers roulés.
  • La galerie bourbonnaise, qui présente l’intérieur d’une ferme typique du duché du XIXe siècle ainsi qu’une importante collection de textiles civils et autres costumes bourbonnais.
  • La vie communautaire, qui présente le lieu où sont célébrés les offices religieux ponctuant la vie du couvent, mais aussi la reconstitution de la chambre d’une sœur (nommée « cellule »), ainsi que la présentation des objets usuels d’une religieuse.